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L'effort sanitaire que le covid-19 impose à notre pays nécessite la mobilisation de toutes les ressources. Voici un article qui illustre globalement et pratiquement les problématiques de l'industrie des technologies médicales pour maintenir l'offre de soins nationale et internationale

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A L'ARTICLE

La nutrition parentérale (NP) de moyenne et longue durée est indiquée en cas d’insuffisance intestinale subaiguë ou chronique résultant d’une malabsorption intestinale par syndrome de grêle court (résection chirurgicale, fistule proximale à haut-débit ou entéropathie), de troubles de la motricité (occlusion chronique ou anomalies de la contraction) ou d’autres pathologies digestives.

La NP peut être également prescrite en cas d’échec ou de refus éclairé de la nutrition entérale (NE), ou d’intolérance digestive, avec vomissements incoercibles, résistant aux divers traitements.

 

La NP concerne principalement des patients d’hépato-gastro-entérologie, de chirurgie digestive, d’onco-hématologie et d’oncologie.

 

Depuis 1984, les centres agréés de NP à domicile (NPAD) adultes et pédiatriques ont pour attribution de prendre en charge les patients relevant d’une NP de longue durée. L’arrêté ministériel du 14 juin 2014 modifié par l’instruction du 16 janvier 2019 officialise la définition de centres labellisés de NPAD : des centres bénéficiant d’une équipe pluriprofessionnelle dirigée par un médecin ayant l’expertise nécessaire, et répondant à un cahier des charges précis, seuls autorisés à prendre en charge des NPAD supérieures à 12 semaines.

 

La prescription de la NPAD toutes durées confondues n’est pas l’apanage des centres agréés ou labellisés. En effet, plus de 90 % des NPAD sont prescrites en dehors de ces centres. Cette situation donne lieu à des disparités importantes dans les pratiques de gestion de la NPAD, notamment du cathéter veineux central (CVC), seule voie utilisable à domicile.

 

La NP nécessite un cathéter veineux central fonctionnel qui induit des risques, notamment infectieux. L’infection liée au CVC (ILCVC) représente l’une des principales complications de la NP.

En particulier, chez les patients avec insuffisance intestinale chronique, le cathéter veineux est une ligne de vie qu’il faut protéger.

 

À domicile, la gestion du cathéter (branchement, débranchement, pansement) est assurée par des infirmiers diplômés d’état, salariés d’un service d’hospitalisation à domicile (HAD), ou libéraux (un prestataire de services assurant, dans ce cas, la coordination et surtout la mise en place du matériel nécessaire aux soins), ainsi que par des patients adolescents ou adultes éduqués et, pour les enfants, par les parents.

 

Ce guide a été réalisé dans l’objectif d’orienter et d’harmoniser les pratiques de prévention des ILCVC. Il s’adresse aux équipes de soins en milieu hospitalier, mais également aux infirmiers qui interviennent à domicile dans le cadre de la NPAD.

 

Les aspects liés à la gestion du cathéter en NP de courte durée ou pour des cathéters utilisés pour d’autres indications, ne seront pas abordés dans ce guide.

 

Pr Stéphane Schneider, Vice-Président de la SFNCM
Unité de Support Nutritionnel
Gastroentérologie et Nutrition
Hôpital de l’Archet
CS 23079
06202 Nice Cedex 3
stephane.schneider@unice.fr

REVUE DE LA LITTERATURE - H. ROSAY

 

PERIPHERALLY INSERTED CENTRAL CATHETER–RELATED THROMBOSIS RATE IN MODERN VASCULAR ACCESS ERA—WHEN INSERTION TECHNIQUE MATTERS: A SYSTEMATIC REVIEW AND META-ANALYSIS

Paolo Balsorano, Gianni Virgili, Gianluca Villa, Mauro Pittiruti, Stefano Romagnoli, Angelo Raffaele De Gaudio and Fulvio Pinelli

Date received: 19 March 2019; accepted: 1 May 2019

Résumé : Une technique appropriée est cruciale au moment de l'insertion PICC pour diminuer les complications notamment thrombotiques. Le taux de thrombose veineuse profonde liée au cathéter central inséré semble faible lorsque des facteurs techniques réunis en bunddles fondés sur des preuves sont pris en compte lors de la procédure d'insertion.

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UNE QUESTION SUR LES INFECTIONS

LIÉES AUX CATHÉTERS VEINEUX ?

SPIADI ! VA DONC A LA SPIADI !

Le 15 octobre a eu lieu la 1ère journée nationale de la mission nationale « Surveillance et Prévention des Infections Associées aux Dispositifs Invasifs » (SPIADI) à Tours.

Cette mission, portée par l’équipe du Centre d’Appui pour la Prévention des Infections Associées aux Soins (CPias) en région Centre val de Loire, a pour objectif d’améliorer la gestion du risque infectieux lié aux dispositifs médicaux invasifs.

Le programme de cette journée fut riche, ponctué de notes d’humour, d’échanges conviviaux et de réelles interactions entre acteurs de terrain.

Voici un résumé très synthétique des principales présentations.

Vous pourrez les voir en détails en cliquant ici https://www.spiadi.fr/missionday
 

  • Nathalie van der Mee-Marquet (responsable du CPias CVDL, CHRU de Tours) a présenté une première analyse des résultats de la surveillance coordonnée par la SPIADI du 1er janvier au 30 avril 2019. 1001 établissements de santé français ont participé (soit 179 477 lits surveillés) dont 208 établissements de santé avec 3 788 lits de réanimation surveillés. 11 963 bactériémies associées aux soins ont été décrites dont 3 292 liées à un cathéter veineux. Les dispositifs intravasculaires concernés par ces bactériémies sont principalement les CCI (33%), les CVC (24%), les cathéters veineux périphériques (15%) et les PICC (14%). L’incidence varie en fonction des services. L’analyse des bactéries responsables des bactériémies et du délai entre la pose du dispositif et le début de l’infection montre qu’environ un tiers des bactériémies sont précoces et vraisemblablement liée à une antisepsie non optimale lors de la pose du cathéter ; les deux tiers restants des bactériémies surviennent à distance de la pause ; une part est vraisemblablement liée à des défauts d’asepsie lors des manipulations. Les résultats permettent de cibler les priorités d’action en termes d’observation des pratiques et de formation des professionnels en charge de la pose et l’utilisation des cathéters.

  • Didier Lepelletier (CHRU de Nantes) a présenté les 46 recommandations de la sf2h pour la prévention des infections liées aux cathéters périphériques vasculaires et sous-cutanés, parues en mai dernier. L’orateur a commencé par souligner l’importance des cotations et des différents niveaux de preuves des recommandations, puis a synthétisé les nouveautés du document :

  • Les antiseptiques à employer pour les soins relatifs aux cvp doivent avoir une teneur en alcool proche de 70% ;

  • Aucun argument scientifique ne prouve la supériorité de la Chlorhexidine alcoolique à 2% sur la povidone iodée alcoolique à 5% pour les soins de cvp ; ainsi les deux antiseptiques peuvent être utilisés ;

  • Le renouvellement systématique du cvp tous les 4 jours ne peut être recommandé faute de preuves suffisantes ;

  • Les valves bidirectionnelles peuvent être efficacement désinfectées avec de l’alcool à 70° ;

  • La ponction échoguidée pour l’insertion des Midlines fortement recommandée.

  • Walter Zingg (Hôpitaux Universitaires de Genève, Suisse) a rappelé que les bactériémies sur CVC ne sont pas les plus fréquentes mais qu’elles restent les plus évitables ; que la prise en charge de ces bactériémies est onéreuse et que leur prévention est rentable. Cette dernière s’appuie en majorité sur la formation du personnel soignant dans son ensemble et l’emploi des nouvelles technologies dont les pansements imprégnés de Chlorhexidine.

  • Brigitte Lamy (CHRU de Nice) a soulevé les différentes problématiques soulevées par les hémocultures. Elle a expliqué que le diagnostic d’infection reposant sur les résultats des hémocultures est complexe et ne repose pas sur des recommandations unanimement reconnues ; que les résultats d’hémocultures sont sources de biais dans la pratique quotidienne et que les bonnes pratiques pour la réalisation des hémocultures doivent être clarifiées.

  • Christian Dupont (CHU Cochin, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) a exposé les principaux problèmes pratiques liés aux Midlines. Il a souligné de manière très imagée que la communication et l’organisation des ressources et des compétences étaient la réponse à 90% des difficultés rencontrées. En conclusion, il a montré que pour avoir une prise en charge efficace, il fallait que les zones de collaboration entre personnel de santé (et patients) soient efficientes.

Le reste de l’après-midi fut consacré à des retours d’expériences diverses et à la remise du prix du meilleur poster, moments très interactifs qui prouvent le dynamisme des équipes confrontées au quotidien par des problématiques très concrètes et difficiles.

Bref, un congrès très inventif, extrêmement bien organisé et rythmé, où convivialité et expertise se sont épanouies.

De nos correspondants GIFAV : Anne Debonne et Bruno Le Falher (CH Victor Dupouy, Argenteuil) .